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Dossier · Comprendre l'archipel

Le Cap-Vert
en coulisses

Six cents ans d'histoire, dix îles nées d'un point chaud, une langue inventée de toutes pièces, onze musiciens pour dix habitants. Ici, rien ne se lit d'une traite : tout se déniche. Clique, retourne, déplie — la page ne livre rien sans qu'on aille le chercher.

01

Tu crois connaître le Cap-Vert ?

Six questions pour découvrir ce qui rend cet archipel différent de tout le reste de l'Afrique. Réponds d'instinct — la vraie information est dans la correction.

Choisis une réponse pour révéler l'explication
02

Neuf chiffres qui disent tout

Un pays sans matières premières, éclaté sur dix îles, que beaucoup jugeaient non viable en 1975. Voilà où il en est.

568 300habitants, sur neuf îles peuplées
800 000Capverdiens dans la diaspora — plus qu'au pays
87 %d'alphabétisation, contre 40 % en 1975
72 ansd'espérance de vie, contre 54 sur le continent
36,3 %de la population a moins de 18 ans
12 %du PIB envoyé par les émigrés
90 %de catholiques — la fête patronale rythme l'année
40+espaces protégés, dont 11 parcs naturels
50,4 %de chômage chez les 15-24 ans — l'autre visage
Le contraste à retenir

Un modèle de gouvernance, et une jeunesse sans emploi

Le Cap-Vert est régulièrement cité en exemple sur le continent : faible indice de corruption, alternances pacifiques depuis 1991, forte participation des femmes à la vie politique, absence de particularismes ethniques. En 2008, il quitte la catégorie des pays les moins avancés.

Mais la dette publique atteint 154,1 % du PIB, le chômage général 14,5 %, et plus d'un jeune sur deux est sans emploi. C'est ce qui explique que l'émigration, vieille de cent cinquante ans, ne se soit jamais arrêtée.

03

Six cents ans, seize dates

Des îles totalement désertes en 1460 à la cohabitation politique de 2021, en passant par quatre siècles de traite négrière. Les dates en rouge sont les tournants.

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Le 1er mai, António da Noli et Diogo Gomes abordent Santiago, Fogo, Maio, Boa Vista et Sal. Les îles sont totalement désertes. L'Atlantique est alors un immense champ de découvertes pour le Portugal : Madère a été repérée en 1410, les Açores en 1439, et la caravelle — coque haute, voilure très manœuvrable — vient de sortir des chantiers navals de Lisbonne.
Lisbonne applique la même méthode qu'à Madère et aux Açores : la cession des terres aux capitaines, dans l'espoir d'en faire des greniers agricoles. António da Noli reçoit le sud de Santiago et y fonde Ribeira Grande — aujourd'hui Cidade Velha, classée au patrimoine mondial. Diogo Afonso reçoit le nord de l'île.
Les difficultés climatiques ont raison des tentatives agricoles. L'archipel, stratégiquement posé sur les routes de l'Atlantique, se tourne vers un commerce bien plus lucratif : le trafic d'esclaves. L'importation d'Africains depuis la côte de Guinée commence dès 1466, à peine quelques années après le débarquement des Européens.
L'arrivée des esclaves coïncide avec l'introduction du coton. Ceux qui restent sur place reprennent les traditions de tissage d'Afrique de l'Ouest et confectionnent des panos — des pagnes — d'une qualité telle que les négriers s'en servent comme monnaie d'échange sur les côtes d'Afrique, pour acheter d'autres captifs. L'interdiction d'en vendre aux trafiquants non portugais finira par faire s'effondrer la production.
L'archipel, à la croisée des routes maritimes, subit les attaques incessantes de pirates anglais, français, hollandais et portugais entre les 15e et 17e siècles. Le plus célèbre, Francis Drake (1540-1596), pille Ribeira Grande en 1585 alors qu'il fait route vers l'Amérique du Sud. Brava et São Nicolau sont elles aussi régulièrement visitées.
Le corsaire de Louis XIV Jacques Cassard (1679-1740) s'en prend à son tour au port de Ribeira Grande. À la suite de quoi le site est progressivement abandonné au profit de Praia, la capitale actuelle.
Après de nombreuses hésitations, les autorités ecclésiastiques décident d'établir la capitale religieuse à São Nicolau. Le Séminaire y ouvrira ses portes le 3 septembre 1866 et formera plusieurs générations d'intellectuels — dont Baltazar Lopes da Silva, futur auteur de Chiquinho, et Juvenal Cabral, père d'Amílcar.
Les Britanniques obtiennent l'autorisation d'installer un dépôt de charbon dans le port de Mindelo, pour ravitailler les bateaux à vapeur en route vers l'Amérique du Sud, l'Afrique ou l'Asie. Plus de 1 500 navires y font escale chaque année, et en 1875 ce dépôt est le plus important de tout l'Atlantique sud. C'est de là que Mindelo tient son caractère cosmopolite — et sa musique.
La traite s'est perpétuée quatre siècles. Mais dès les premiers temps de l'occupation, les difficiles conditions de vie, les attaques de pirates et l'isolement à l'égard de la métropole avaient favorisé une cohabitation très particulière entre maîtres et esclaves — d'où un métissage précoce et massif. Des esclaves étaient déjà libérés en période de famine, et s'enfuyaient dans les hauteurs.
Le dernier quart du 19e siècle sonne la fin de la prospérité : le charbon cède au pétrole, Dakar et Las Palmas prennent le relais, et le Portugal se détourne de l'archipel. Face aux famines, la réponse coloniale sera la déportation vers les plantations de cacao de São Tomé-et-Príncipe. Environ 70 000 Capverdiens y embarqueront. À partir des années 1930, Salazar impose le travail forcé, notamment pour construire les routes.
À Mindelo, un groupe d'intellectuels fonde la revue Claridade. Pour la première fois, des nouvelles, des poèmes et des textes critiques abordent la réalité de la vie sur l'archipel et l'identité de son peuple. C'est l'acte de naissance de la littérature capverdienne moderne.
Six nationalistes guinéens et capverdiens fondent le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert. L'un d'eux, le Capverdien Amílcar Cabral (1924-1973), deviendra le principal théoricien des modes de guérilla contre les troupes coloniales. L'idée : réunir un archipel où toute insurrection armée semble vouée à l'échec et un pays continental où elle est possible.
En 1959, l'écrasement d'une grève de dockers en Guinée-Bissau marque un tournant. La lutte armée y est officiellement déclenchée le 3 août 1961. Sur le terrain, l'insurrection s'organise avec des écoles, des postes de santé et des distributions de produits de première nécessité pour s'assurer le soutien de la population. En 1970, le PAIGC contrôle 70 % du territoire guinéen.
La révolution des Œillets, le 25 avril 1974, met fin à la dictature à Lisbonne. Amílcar Cabral, assassiné en 1973, ne verra ni l'indépendance de la Guinée-Bissau (10 septembre 1974) ni celle du Cap-Vert. Celle-ci est proclamée le 5 juillet 1975, et Aristides Pereira devient le premier président du pays. À l'époque, à peine 40 % de la population sait lire et écrire.
Après la chute du mur de Berlin, le parti-État accepte l'instauration du multipartisme. Le Cap-Vert est l'un des premiers pays africains à organiser des élections multipartites : le MPD les remporte, mettant fin à quinze ans d'hégémonie du PAICV. Depuis, l'alternance s'est faite trois fois de plus, toujours pacifiquement — ce qui vaut au pays d'être régulièrement cité comme un modèle de gouvernance sur le continent.
José Maria Neves, ancien Premier ministre et candidat du PAICV, est élu président dès le premier tour, et instaure une période de cohabitation avec le Premier ministre démocrate Ulisses Correia e Silva. Le pluralisme capverdien s'accompagne d'un faible indice de corruption, d'une réelle transparence dans la gestion publique et d'une participation active des femmes à la vie politique.
04

Les dix îles, face cachée

L'archipel est né d'un « point chaud » : des montées de magma transperçant la croûte terrestre. Résultat, les îles n'ont pas le même âge — et ça se voit sur leur relief.

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Barlavento

Sal

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Sal
  • Âge15 à 20 M d'années
  • ReliefArasée, plate

Sable blanc, sel et vent. Escale des avions sud-africains sous l'apartheid.

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Barlavento

Boa Vista

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Boa Vista
  • Âge15 à 20 M d'années
  • ReliefDunes à perte de vue

La plus désertique. C'est ici qu'est née la morna.

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Sotavento

Maio

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Maio
  • Âge15 à 20 M d'années
  • ReliefPlate et discrète

25 km de plages, des salines depuis le 17ᵉ s., presque aucun visiteur.

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Barlavento

São Nicolau

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São Nicolau
  • Âge5 à 10 M d'années
  • ReliefReliefs déchiquetés

Capitale religieuse au 18ᵉ s. : son Séminaire a formé les élites du pays.

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Sotavento

Santiago

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Santiago
  • Âge5 à 10 M d'années
  • ReliefMontagneuse et vaste

La plus grande et la plus peuplée. Berceau du batuque et du funaná.

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Barlavento

São Vicente

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São Vicente
  • Âge5 à 10 M d'années
  • ReliefSèche, records de vent

Mindelo, son port à charbon et son carnaval : la plus cosmopolite.

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Sotavento

Fogo

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Fogo
  • Âge3 à 5 M d'années
  • ReliefVolcan actif, 2 829 m

Seule île à volcan actif. Éruption en 2014 — on est revenu vivre dessus.

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Sotavento

Brava

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Brava
  • Âge3 à 5 M d'années
  • ReliefLa plus inaccessible

C'est ici qu'Eugénio Tavares a donné ses lettres de noblesse à la morna.

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Barlavento

Santo Antão

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Santo Antão
  • Âge3 à 5 M d'années
  • ReliefLuxuriante, 1 979 m

Paradis des randonneurs, reine du grogue. Accès par bateau uniquement.

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Barlavento

Santa Luzia

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Santa Luzia
  • Âge5 à 10 M d'années
  • ReliefInhabitée

La dixième île, sans un seul habitant. Réserve naturelle.

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La règle géologique

Plus l'île est vieille, plus elle est plate

Les îles les plus proches du continent africain — Sal, Boa Vista, Maio — sont aussi les plus anciennes : quinze à vingt millions d'années d'érosion les ont arasées. Plages de sable fin, cordons dunaires, couvert végétal maigre.

Les plus éloignées sont les plus jeunes : Fogo, Brava et Santo Antão n'ont que trois à cinq millions d'années. Volcans, cratères, crêtes, falaises, pics et précipices — et des sommets à plus de 1 500 m. Comme il y pleut davantage, ce sont elles qui nourrissent l'archipel, avec leurs cultures en terrasse.

05

Douze mois, douze ambiances

Trois courants font la météo de l'archipel : l'alizé du nord-est, l'harmattan et la mousson atlantique. Le climat est tropical sec — mais chaque mois a sa personnalité.

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Le mot à connaître

La bruma secca

Entre décembre et février, l'harmattan — appelé ici lestada, le vent d'est — assèche l'air et l'emplit d'une fine poussière de sable venue du Sahara. Le ciel devient laiteux, l'horizon disparaît, les photos virent au sépia. Cette brume sèche contraint parfois les avions à rester au sol : si tu voyages en janvier, garde de la marge sur tes correspondances.

06

Le jukebox

« Au Cap-Vert, sur dix habitants, onze sont musiciens », résume la chanteuse Mariana Ramos. Chaque île a forgé son style — et l'éloignement les a rendus tous différents.

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07

À table

Le plat national se déguste partout. Le reste, presque nulle part — à moins d'être invité chez l'habitant. Voici ce qui se cache derrière les noms que tu verras sur les cartes.

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Le calendrier du maïs

La fête du mindjo verde

Le cycle du maïs rythme toute la vie rurale : préparation de la terre en avril, semailles en juin — et ensuite, c'est la pluie qui décide. Quand les premiers épis arrivent à maturité, le 1er novembre, on célèbre entre amis et voisins la festa do mindjo verde, la fête du premier maïs.

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Les mots qu'on entendra

Le créole — crioulo — est la langue nationale : vocabulaire majoritairement portugais, grammaire influencée par les langues d'Afrique de l'Ouest. Le portugais reste la langue officielle, et le français est obligatoire au collège.

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Une littérature née d'une revue

1936, Mindelo, Claridade

Un groupe d'intellectuels fonde à Mindelo la revue Claridade — « Clarté ». Pour la première fois, nouvelles, poèmes et textes critiques abordent la réalité de la vie sur l'archipel et l'identité de son peuple. Parmi les fondateurs : Jorge Barbosa, considéré comme le père de la poésie moderne capverdienne, Baltazar Lopes da Silva et Manuel Lopes.

Deux écrivains ont depuis reçu le prix Camões, la plus haute distinction de la littérature de langue portugaise : Arménio Vieira en 2009, premier Capverdien à l'obtenir, et Germano Almeida en 2018.

09

Le pays d'à côté

Il y a plus de Capverdiens hors du Cap-Vert qu'à l'intérieur. Cette diaspora ne s'est jamais coupée du pays : elle pèse sur l'économie, sur la vie politique et sur les modes de vie.

États-Unis400 000
Europe250 000
Afrique100 000
Ailleurs50 000

Ordres de grandeur, pour un total d'environ 800 000 personnes — à comparer aux 568 300 habitants de l'archipel. Les États-Unis accueillent à eux seuls la moitié de la diaspora.

L'exil forcé

Soixante-dix mille départs pour São Tomé

Toute l'émigration capverdienne n'a pas été choisie. Face aux terribles famines, la réponse des autorités coloniales fut la déportation en masse vers les plantations de cacao de São Tomé-et-Príncipe. Entre 1900 et 1970, environ 70 000 Capverdiens y ont embarqué.

Les conditions de travail s'apparentaient à l'esclavage : recrutement souvent brutal, « contrats » toujours défavorables, retour au pays quasiment impossible. De nos jours, une communauté de plusieurs milliers d'anciens déportés et de leurs descendants vit toujours sur place, dans des conditions difficiles.

10

Quand la fête tombe

Trois grands festivals de musique et deux carnavals qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Si tes dates sont souples, cale-toi dessus : c'est le meilleur moment pour voir le pays.

Février

Le carnaval de Mindelo

São Vicente

Sans conteste le plus spectaculaire du pays. Costumes de plumes et de paillettes, chars confectionnés par des groupes de quartier, élection de la reine. La tradition remonte aux 17ᵉ et 18ᵉ siècles — au départ, on se grimait pour critiquer les institutions. Dans les années 1930, il s'inspire directement de Rio.

Février

Le carnaval de Ribeira Brava

São Nicolau

Le deuxième du pays, plus convivial et beaucoup moins touristique. Les préparatifs commencent après le jour de l'an, dans un secret absolu. Le soir du défilé, la population se regroupe sur la place, l'atmosphère est presque pesante — puis, à un moment que nul ne peut prédire, le défilé se déploie dans les ruelles.

Avril

Kryol Jazz Festival

Praia, Santiago

Il réunit des musiciens des deux rives de l'Atlantique — Europe, Afrique, Caraïbes, États-Unis — autour de la créolité, du jazz et des musiques du monde.

Mai

Festival da Gamboa

Praia, Santiago

Toujours dans la capitale, un mois plus tard : celui-ci fait la part belle aux musiques actuelles capverdiennes. Le rendez-vous de ce qui se joue aujourd'hui, pas de ce qui s'est joué hier.

Août

Baía das Gatas

São Vicente

Une sorte de « woodstock » local qui attire chaque année, pendant un week-end d'août, des milliers de festivaliers, avec une programmation de stars locales et internationales. C'est le plus gros rassemblement de l'archipel.

1ᵉʳ novembre

Festa do mindjo verde

Îles agricoles

La fête du premier maïs. L'arrivée à maturité des premiers épis est célébrée entre amis et voisins dans toutes les îles agricoles. Ce n'est pas un festival pour visiteurs : c'est une fête de village, et c'est bien mieux.

Ce qui se passe toute l'année

La tocatina

C'est la vraie musique capverdienne, celle qui ne s'annonce nulle part. Du portugais tocar, jouer : une séance musicale improvisée qui rassemble amis et voisins dans la cour de la maison, dans la rue devant la porte, ou au café du coin. Chacun vient avec son instrument, pour le plaisir de jouer ensemble.

Les anniversaires, les départs ou les retours en sont d'excellentes occasions. Si on t'invite, accepte : c'est ce que tu raconteras au retour.

Une dernière chose

Tout ce que tu viens de déplier tient dans une phrase : le Cap-Vert n'a pas de peuple d'origine. Les îles étaient totalement désertes quand les Portugais y ont abordé en 1460. Tout ce qui existe ici — la langue, la musique, la cuisine, les visages — a été inventé sur place, en quelques siècles, par la rencontre forcée de l'Afrique de l'Ouest et de l'Europe.

C'est la première créolité du monde atlantique. Et c'est probablement ce que tu retiendras du voyage.

Repères historiques, géologiques et culturels réunis pour préparer un séjour. Les chiffres de population, d'économie et de diaspora évoluent : vérifie-les auprès de sources officielles avant toute publication.

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